Drôle de semaine que celle que nous
venons de vivre avec le Sporting. Il y eut bien sur cette victoire
a l’arraché et ô combien importante contre Le Havre mais
malheureusement aussi cette défaite cruelle et dirigée en Coupe de
France à Valenciennes. Que pouvait-on attendre de ce tour de Coupe
si ce n’est une élimination honorable ? Enchaîner les matches
à un tel rythme alors que l’absence de Diallo n’a pas
encore pu être remplacée comportait différents risques que nous
mesurons mieux aujourd’hui. Au niveau physique tout
d’abord mais aussi au niveau stratégique, quand les loups
nous attendent dans l’ombre pour nous saborder. Espérons
seulement que cette élimination aura été digérée avant un match en
Auvergne qui pourrait revêtir son importance même s’il y en
aura d’autres, beaucoup d’autres
…
D’abord il y eut Le Havre. Un match
révélateur et en pleine semaine quand les supporters ne peuvent pas
tous se permettre d’effectuer le déplacement après le boulot.
Mais la chambrée présente fut plus qu’honorable et très
active pour porter comme à son habitude les siens vers les sommets.
Et les bleus ne faillirent pas face à des Normands clairement venus
pour jouer la montre et sauver les meubles quand un match nul
aurait bien fait leurs petites affaires. Mais de nul il n’y
eut point face à la volonté et l’abnégation des Bastiais
décidés à aller au bout de leurs ambitions et de leurs promesses
malgré le refus systématique d’un arbitre déjà conditionné de
siffler par deux fois la sanction suprême en notre faveur. Rothen,
enfin, allait dérouiller son compteur personnel et le tableau
d’affichage par la même occasion en dépoussiérant une lucarne
de la plus belle des façons. En fait, le héros du soir ne faisait
que commencer à faire parler de lui lors de cette semaine fatidique
mais il ne le savait pas encore. Et les résultats de cette journée
tombaient les uns après les autres, confortant le Sporting dans sa
position de dauphin. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur
des mondes si un triste accident de la circulation n’était
venu ternir notre joie éphémère.
Et puis il y eut Valenciennes. Dans les esprits
de chacun la question se posait, avant, mais aussi après : Quelle
importance devait-on accorder à un tour de coupe France disputé
dans le Nord de la France, trois jours après Le Havre et quand les
pros de L1 ont eu, eux, une semaine pour récupérer ? Frédéric Hantz
avait donné une partie de la réponse en excluant, volontairement ou
non, une partie de l’effectif devant servir d’ossature
en Auvergne. Choix judicieux s’il en fut mais insuffisant
pour demeurer à l’abri du courroux exacerbé des instances du
football français toujours préoccupées à couler le navire corse
pour lui éviter d’arriver à un port trop éloigné de leurs
propres et maléfiques desseins. Dans leur grande charia, volonté
céleste d’anéantissement du peuple îlien que nous sommes, les
moyens ne manquaient pas. Parmi eux et comme l’an passé au
même stade de la compétition, les arbitres allaient endosser les
habits de fers de lance de la vengeance divine. Un carton jaune aux
nordistes en lieu et place de l’indiscutable carton rouge, un
jaune vite et bien fait dès la première faute de Maoulida et puis,
l’infamie, l’injustice, l’arrogante provocation
d’un infidèle Castro…
Comment peut-on sanctionner d’une façon
aussi définitive et si hautaine un homme connu pour son jeu et son
fair-play ? La seule réponse que nous ayons ici bas concerne la
couleur du maillot qu’il porte et les valeurs qu’il
défend aujourd’hui. Avec bien-sur le projet de contrarier
l’avenir proche des turchini dans leur quête de hauteur.
C’est alors que les paroles et la prise de position aussi
inattendue que violente du Président de l’ACA ressurgissent.
Nous, Bastiais dans l’âme ou de naissance, savons à quoi nous
en tenir. Mais il est bon de rappeler que c’est la Corse
entière, une et indivisible, qui possède une cible accrochée dans
le dos et que seule notre unité pourra un jour nous permettre
d’apercevoir le bout du tunnel de la haine, du sectarisme et
de cette nouvelle forme de racisme et d’exclusion qui nous
poursuit. Le GFCOA odieusement amputé de points, l’ACA
vicieusement sanctionné et le Sporting systématiquement matraqué.
Non messieurs, nous ne sommes pas paranos ! Mais à défaut de
devenir votre pire cauchemar sachez que, comme le précisait il y a
peu une bâche à Furiani, ce qui ne nous tue pas nous rend plus
forts. Une fameuse phrase de Nietzsche destinée à ceux qui
subissent un traumatisme.
Et justement si traumatisme il y eut, nous
devons le dépasser. Nous ne sommes pas éliminés mais débarrassés de
cette coupe et devons à nouveau regarder vers ce qui semble se
définir clairement comme nos objectifs immédiats. Avec ou sans
Rothen, nous devons embrayer à nouveau sur ce jeu qui commence à
inquiéter au plus haut point. Reprendre la discussion là où nous
l’avons laissée avec les Havrais et se reconcentrer sur notre
essentiel. Clermont est certainement l’équipe qui aura laissé
la meilleure impression à Armand Cesari lors des matches aller.
Joueuse et intelligemment agressive avec ses pointes
transperçantes. Un vrai combat des chefs que nous aurions aimé
mener au complet mais les aléas du football et les décideurs
parisiens en auront fait autrement. Qu’importe ! Nous ne
sommes pas que onze au Sporting, mais des centaines, des milliers à
jouer ou à pousser derrière nos couleurs pour inverser le cours des
choses. Ce match peut effectivement passer pour un test de
suprématie. Il n’en est rien. Nous pouvons marquer un grand
coup ou être renvoyés à nos études. Le championnat est encore long
et l’essentiel est bien d’arriver à son terme dans le
respect de nos valeurs. Et nous comptons sur les présents pour
s’assurer de cela.
FORZA
BASTIA!!!
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